scénographe accessoiriste

La plupart des scénographies que j'ai signées jusqu'à présent sont celles des Visseurs de clous, dont je suis le directeur artistique. J'ai donc laissé libre cours à mon esprit baroque, à mon sens des images d'Epinal, à mon goût plasticien, voire dadaïste, pour les montages hétéroclites.Toutefois, scénographe pour les autres, mon travail s'adapte à leurs sensibilités et à leurs écritures.

Je développe deux façons de faire de la scénographie avec les artistes ou compagnies qui font appel à moi.  

La première méthode, traditionnelle, consiste à concevoir puis à construire des projets scénographiques que je livre à qui veut. Bien sûr, un échange avec l'équipe artistique lance la réflexion. S'en suivent des propositions (sous forme de maquette ou de dessins, selon les projets), puis un chantier de construction, et une "livraison". 

La deuxième approche est une méthode collaborative qui met l'équipe d'un spectacle au service du projet scénographique, d'abord sur la conception, puis sur la réalisation du décor et des accessoires. Le scénographe que je suis alors, est moins un artiste qui signe, l'auteur de la scénographie, qu'un aiguilleur, un transmetteur qui accompagne comédien.ne.s, metteur.euse.s en scène et autres dans leur construction d'un projet spatial. L'atelier est alors un espace de maïeutique, où émergent les formes, les volumes, les trajectoires de l'espace théâtral. Il est aussi le lieu cordial et inventif du bricolage, de l'émerveillement technique et des coups de marteau sur les doigts. Ainsi, les comédien.ne.s repartent avec dans leur camion (ou sur le toit de leur Fiat Punto, ça dépend des moyens) une scénographie qui leur appartient vraiment.

J'ai mûri cette méthode à travers des années de transmission de la scénographie et de la dramaturgie de l'espace, à la fac, avec des compagnies en construction, sur des montages d'expos ou dans des groupes d'éducation populaire.

Les passagers de la Banquise - Théâtre du Gros Bonhomme - 2008